Journal d’une pandémie - Réflexions en santé mentale | Une Jeunesse Skip to main content

Blogue invité par Alex.

Les choses peuvent être difficiles en période d’incertitude. Les nouvelles réalités avec lesquelles notre pays doit composer peuvent provoquer toutes sortes d’émotions variées chez les gens. Pour moi, c’est une montagne russe émotive. Depuis toujours, j’ai du mal avec ma santé mentale, mais je dois admettre qu’il est plus difficile d’en prendre soin pendant une pandémie. Avant que la COVID-19 ne devienne ce qu’elle est maintenant, je travaillais fort à l’école et au travail, et je suivais une thérapie. Maintenant, je sais que je ne marcherai pas jusqu’à la tribune pour recevoir mon diplôme; mon lieu de travail a décidé de fermer; et l’une des choses les plus difficiles à gérer pour moi est le fait de savoir que je ne pourrai peut-être pas avoir ma chirurgie de masculinisation thoracique.

Comme cela fait deux ans que j’attends cette chirurgie qui changera ma vie, j’ai eu du mal à accepter le fait qu’elle n’aura sans doute pas lieu avant 2021. Bien qu’il n’y ait encore aucune certitude qu’elle soit repoussée aussi loin, je suis tellement reconnaissant que les chirurgies transgenres soient couvertes au Canada, et je comprends aussi pourquoi il se peut que ma chirurgie soit reportée, mais j’ai quand même du mal à accepter la situation. Cela dit, je pense que la situation causée par la COVID-19 a été bénéfique pour moi, car j’ai eu plus de temps pour réfléchir et identifier ce dont j’ai besoin et ce que je souhaite faire pour moi-même. J’en suis venu à la conclusion que je devais communiquer avec les personnes de mon entourage dès maintenant. J’ai aussi réalisé que je devais accepter les choses que je ne peux pas changer et que, aussi difficile soit-il de se sentir impuissant devant une situation, je devais comprendre ce que je suis en mesure de maîtriser.

Je ne suis peut-être pas en mesure de contrôler la situation pour savoir si j’aurai ou non ma chirurgie à la date prévue, mais je suis capable de savoir ce que je dois faire avec cette information. Pour moi, cela veut dire qu’il faut que je prenne tout le temps nécessaire, c’est-à-dire un jour à la fois, une heure à la fois et même une minute à la fois s’il le faut. Je dois faire tout ce qui est nécessaire pour gérer le flux de mes pensées. J’ai également compris que je ne suis pas le seul à éprouver ces sentiments, et qu’il est tout à fait normal de ressentir ce que je ressens et que cela n’est en aucun cas un signe de faiblesse. Je pars aussi du principe qu’ultimement, une vie sans difficultés quotidiennes, ne nous aurait pas permis de devenir les personnes que nous sommes aujourd’hui. Sans vouloir me vanter, je sais que je suis une personne bienveillante et empathique, et c’est principalement dû au fait que j’ai traversé bien des épreuves. Cela m’a rendu plus fort et m’a permis de devenir l’homme que je suis aujourd’hui.

La santé mentale est un problème important pour beaucoup de gens, mais je pense que ce qui compte le plus en ce moment précis, c’est de se ménager. Nous sommes souvent nos plus sévères critiques, et si nous parvenons à croire en nous et à nous aimer tels que nous sommes, nous arrêterons de nous soucier de ce que les autres pensent de nous. Je pense que nous pouvons tous commencer à nous épanouir de l’intérieur en créant nos propres joies et petits bonheurs dans notre vie quotidienne, malgré la situation. Nous avons en nous cette force, cette bravoure et ce courage. Nous avons la capacité de trouver le moyen d’empêcher que la situation prenne le dessus et définisse qui nous sommes. Nous pouvons accepter le nouveau contexte et le fait que certaines choses sont hors de notre contrôle. Nous pouvons parfois avoir l’impression que nos pensées galopent, mais la seule chose que nous devons faire, c’est réfléchir et apprendre à maîtriser ces pensées.


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