Une initiative locale, des retombées internationales | Une Jeunesse Skip to main content

Varnikaa, âgée de 18 ans, Ontario

J’ai toujours eu le privilège de faire partie des 2 % d’Indiennes et d’Indiens qui appartiennent à la classe moyenne, alors que la majorité du reste de la population vit sous le seuil de la pauvreté. À l’âge de huit mois, j’ai immigré de l’Inde au Canada et je me suis tout à coup trouvée plongée dans un milieu de vie idéal. Les statistiques sur la pauvreté étaient bien loin de la bulle protectrice que mes parents avaient soigneusement créée autour de moi. 

Malgré mon innocence, la pauvreté était quasi impossible à ignorer quand je retournais avec mes parents dans notre pays d’origine. Le voyage me laissait une foule de souvenirs. La plupart d’entre eux étaient liés aux expériences auprès de ma famille, remplies de plaisir et de bonheur. Malheureusement, d’autres étaient beaucoup moins agréables. Parmi eux, il y avait l’image de jeunes mères, tenant leur bébé d’une main pour pouvoir mieux mendier de l’autre auprès des étrangers, ou encore l’image de jeunes filles et garçons frappant aux fenêtres des voitures arrêtées dans la circulation dans l’espoir d’avoir de la nourriture. 

Puisque j’étais une « bonne fille », j’avais toujours suivi les conseils des gens qui me disaient de ne pas établir de contact visuel avec les mendiants que je rencontrais. Et enfin, à l’âge de neuf ans, je me suis demandé : Pourquoi? Pourquoi ne donne-t-on pas aux gens qui nous sollicitent alors que nous sommes plus choyés qu’eux à la maison? 

Les années ont passé et j’ai poursuivi ma vie de privilégiée au Canada. J’étais une bonne élève à l’école secondaire. J’assistais à tous mes cours, j’y ai obtenu de bonnes notes et j’ai participé à la vie de l’école. J’ai suivi ce rythme pendant encore un an jusqu’à ce je décide que je voulais en faire plus. En Inde, l’éducation est un moyen fondamental pour les gens de sortir de la pauvreté. Ici, au Canada, nous la tenons pour acquise. Personnellement, j’ai toujours aimé l’école, particulièrement les cours d’arts plastiques, et j’ai un jour senti que je devais partager ma passion avec d’autres jeunes. 

Encouragée par mes parents, j’ai parlé de mon idée aux membres du personnel enseignant, à mes camarades et au directeur de l’école. En avril 2015, Learning through Art était né. Learning through Art est devenu un programme parascolaire permettant aux élèves de première et de deuxième année de réaliser des projets artistiques lors d’ateliers qui renforcent leur cursus. Ces ateliers se tiennent dans une école publique de Toronto, en Ontario. Dès la première année, les enfants ont adoré, nous ont demandé de revenir l’année suivante et même de faire la même chose à tous les niveaux scolaires, afin de pouvoir poursuivre le programme au-delà de la deuxième année. 

C’est à cette époque que j’ai fait la connaissance de M. Subhash Chandra, le secrétaire général d’un organisme appelé Ekal. Cet organisme se consacre à l’épanouissement général des gens se trouvant dans des zones rurales et des villages tribaux en Inde, principalement par le biais de l’éducation. M. Chandra m’a montré des photos d’enfants qui pouvaient enfin aller à l’école. Voir leur sourire est la plus belle récompense que je pouvais espérer. Je lui ai raconté mon histoire. Que je travaillais auprès d’enfants au Canada afin qu’ils développent un intérêt pour l’éducation, ce qui aurait été impossible s’ils n’avaient pas pu aller à l’école. Ekal donne aux enfants défavorisés cette possibilité. Je devais m’engager dans le mouvement. Learning through Art est devenu le moyen d’opérer des changements à l’échelle locale et internationale grâce aux fonds recueillis dans le cadre du programme, afin de soutenir l’éducation à l’étranger.

Et ce n’est là qu’une parmi les millions de situations reliées à la pauvreté dont je peux parler. Il n’y aura jamais trop de sensibilisation à cet égard. Il n’y aura jamais trop d’aide. Découvrez ce qui vous anime, et servez-vous-en pour amorcer un vent de changement.


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